Blockchain – Sortir du brouillard

On dit d’elle qu’elle pourrait changer le monde, qu’elle pourrait révolutionner nos vies comme Internet a pu le faire il y a 20 ans. Elle, c’est la fameuse Blockchain dont on entend de plus en plus souvent parler, sans jamais vraiment comprendre ce que c’est. Alors nous nous sommes lancé ce gros défi: comprendre et expliquer. Accrochez-vous, c’est parti !

A l’origine était le Bitcoin

Replaçons-nous en 2008, les subprimes viennent d’avoir la peau de Lehman Brothers et d’autres mastodontes bancaires sont en péril. Bref, c’est un véritable cataclysme financier qui s’accompagne d’une crise de confiance. Tout le système est remis en question: les états, les banques… Nait alors l’idée d’une monnaie numérique qui permettrait de se libérer de toute autorité centrale et de fonctionner en dehors du système financier traditionnel: le Bitcoin.

Pas de banque donc, le Bitcoin s’échange sans intermédiaire, d’utilisateur à utilisateur, à la manière des plateformes de téléchargement. Pour éviter que de faux Bitcoins ne soient créés ou que des Bitcoins ne soient utilisés plusieurs fois, un registre retrace toutes les transactions: montant, date et signature cryptographique du payeur et du payé, assurant ainsi leur anonymat dans la base de données. Et pour que ce registre devienne infalsifiable, il est envoyé à plusieurs utilisateurs que l’on appelle des mineurs. Chaque mineur possède donc une copie du registre mise à jour régulièrement. Et c’est l’ensemble des mineurs qui vont valider ou non chaque transaction. Pour cela chacun ira vérifier dans sa copie du registre l’historique des Bitcoins sur le point d’être échangé et confirmera ou non leur validité. C’est seulement une fois cette étape passée que la transaction devient effective.

Le registre est constitué de blocs d’informations. Un bloc contient 10 minutes de transactions en Bitcoins, une fois les 10 min terminées, le bloc est « fermé » et attaché à la suite des blocs précédents. 10 minutes plus tard, un nouveau bloc viendra se positionner derrière lui à son tour. Se constitue alors une chaine de blocs, et TADAM, vous venez de comprendre ce qu’est une blockchain !

Sa technologie repose donc sur la désintermédiation (qui permet de diminuer les coûts), la traçabilité (qui crée une preuve numérique d’existence) et un consensus distribué (qui assure sécurité et infalsification).

La révolution Blockchain

« Internet a permis de décentraliser le travail, la blockchain permet de décentraliser la transaction en général » affirme Alexis Collomb, professeur au CNAM dans un article de Challenges. Si beaucoup parlent de la blockchain comme d’une technologie aussi révolutionnaire qu’Internet, c’est parce que son champ d’action potentiel ne se limite pas au monétaire, loin de là. Il est tout à fait possible de l’utiliser pour des actes notariaux, la contractualisation de toute forme de transaction commerciale, des brevets… Certaines universités s’y intéressent également. De plus en plus sollicitées par les recruteurs qui cherchent à s’assurer de la véracité des diplômes de leurs candidats, la blockchain serait un outil intéressant pour que les recruteurs puissent vérifier ces infos directement, à l’aide d’une clé fournie par l’université aux diplômés.

Autre exemple d’utilisation, le cadastre. En Afrique, 90% des zones rurales ne sont pas répertoriées et n’appartiennent donc officiellement à personne. Dans certains pays où règnent la corruption et la loi du plus fort, le développement économique est largement freiné par le fait que certains puissent s’approprier un terrain du jour au lendemain, sans que leurs possesseurs ancestraux ne puissent faire quoique ce soit pour s’y opposer. La blockchain permettrait d’établir un vrai cadastre, et ce sans l’intervention nécessaire de l’Etat. Le Ghana, et sur un autre continent le Honduras, devraient bientôt se lancer dans ce cadastre numérique.

Alors oui, dans quelques années la blockchain permettra peut-être de se passer de banques, de notaires, et même d’Etat… Mais alors c’est tout le système qui va se faire uberiser? Sauf que contrairement à Uber, la blockchain n’appartiendra jamais à personne…

Par Céline Beaufils

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