Urbanisme & Mobilité

Comment la ville et les moyens de transport vont-il évoluer? Quel sera l’impact de l’économie collaborative sur l’urbanisme?

Quand les villes se la jouent « glocal »

« Le 19ème siècle fut celui des empires, le 20ème celui des Etats-nations, le 21ème siècle sera celui des villes ». Lancée en 2009, cette tirade de Wellington Webb, ancien maire de Denver, s’avère particulièrement juste. Lieu de regroupement d’une multitude de richesses et de services, les grandes métropoles s’affirment de plus en plus face à leur état référent. Et la plupart de ces « villes-mondes » semble jouer la même partition : s’imposer sur la scène internationale tout en cherchant à relocaliser leur économie et leur culture. Un comportement particulièrement stratégique qui, loin d’être schizophrène, permet aux métropoles de renforcer leur autonomisation face aux états tout en développant leur capacité de résilience et en améliorant la qualité de vie de leurs citadins. (suite…)

Quand les lieux ré-inventent la ville

Le Darwin Ecosystème à Bordeaux, Les Grands Voisins à Paris, La Condition Publique à Roubaix… Ils sont maintenant toute une flopée, ces lieux d’un nouveau genre qui mélangent les populations et les usages. Hybrides, uniques et créatifs, ils apportent un souffle nouveau à nos villes et créent une dynamique dans le quartier où ils s’installent.
Ils viennent surtout répondre à un besoin de vivre et de construire la ville autrement. A l’heure de la société collaborative, l’urbanisme se fait maintenant en mode peer-to-peer, de citoyen à citoyen. Petit état des lieux non exhaustif…

Fabriquer la ville autrement

Peut-être est-ce en réaction à la ville intelligente, pragmatique et productive que l’on nous promet d’ici quelques années… Toujours est-il que, de plus en plus, les citadins expriment un profond besoin de recréer des liens et de ré-humaniser les villes. Pour cela ils doivent se réapproprier l’espace urbain et construire la ville ensemble, à la manière d’une « colocation urbaine ». C’est ce que proposent Les Grands Voisins. Dans le 14ème arrondissement de Paris, ce lieu multiple et collaboratif a pris place dans un complexe hospitalier désaffecté qu’il a transformé en un « village dans la ville ». On y trouve des espaces de vie qui accueillent toute sorte d’activités culturelles, pédagogiques et festives : un café-restaurant, une mini auberge, une scène de spectacle, un petit terrain de foot, des potagers partagés, une ferme aquaponique… Une partie de l’espace sert aussi d’hébergement d’urgence pour les réfugiés. Ici toutes les populations se mélangent et partagent des moments ensemble, en toute simplicité.

Ces lieux d’un nouveau genre constituent ainsi une réponse à notre nouvelle façon de vivre, à la fois très mobile et en quête de plus de douceur dans nos rapports aux autres. Ils viennent ramener une certaine forme de poésie et de simplicité heureuse dans nos villes devenues des temples de la consommation et de la productivité.

les grands voisins

Les Grands Voisins

  Innovants et fédérateurs, ces nouveaux espaces ont aussi vocation à redynamiser le quartier dans lequel ils se sont installés. En investissant les périphéries où l’immobilier reste plus accessible, ils redonnent vie à des zones oubliées de la ville. Le 6B en est l’exemple type. Dans l’ancien siège social d’Alstom à Saint Denis, le 6B est à la fois un coworking dédié aux métiers créatifs, un espace culturel accueillant de multiples expositions et un lieu festif bien connu de tous les parisiens. Son rayonnement sur l’Ile de France est tel qu’il a permis de désenclaver le secteur dans lequel il s’était installé. A l’origine complétement abandonné, il attise désormais toutes les convoitises. Le lieu devra d’ailleurs bientôt composer avec un nouveau voisinage : un éco quartier est actuellement en cours de construction.

Le 6B

Le 6B

L’expérimentation du « vivre ensemble »

Ce qui lie tous ces lieux hybrides, c’est la fabrique de biens communs. Dans certains cas, ils viennent même palier au manque de financement des pouvoirs publics qui n’ont plus les moyens de grandes politiques d’urbanisme. Le bénéfice est multiple pour les localités qui y trouvent aussi une solution de sauvegarde de leur patrimoine. A Bordeaux, le Darwin Ecosystème est ainsi né d’une volonté de sauver les magnifiques magasins généraux d’une ancienne caserne.

Alors que l‘état providence n’a plus forcément les moyens de ses ambitions, ces nouveaux lieux viennent proposer des logements sociaux, des bureaux et des ateliers tout équipés à loyers modérés, des activités pédagogiques et sociales… A Lyon, La Commune ouvrira ses portes en janvier 2018. Installée dans une ancienne friche industrielle au cœur du 7ème arrondissement, elle hébergera une grande « food court » autour de la cuisine urbaine et accueillera en résidence des cuisiniers et des chefs qui souhaitent tester leur concept. Une sorte de lieu tremplin pour les entrepreneurs de la gastronomie donc. Le tout dans une grande cuisine commune et pour un loyer ultra attractif. Véritable éco-système dans la ville, le lieu accueillera régulièrement des conférences, des concerts et toute sorte d’évènements aussi bien en intérieur qu’en extérieur.

Darwin Ecosystème

Darwin Ecosystème

S’il fallait trouver un second point commun à tous ces espaces, c’est leur côté DIY et « sur-mesure ». Chaque lieu est monté en fonction d’opportunités autant que de besoins. Certains sont donc éphémères, profitant d’un bâtiment temporairement en vacance. C’est le cas des Grands Voisins qui devront libérer le site courant 2017. Le 6B quant à lui était à la base conçu comme un projet potentiellement éphémère mais qui, face à l’ampleur de son succès est appelé à rester. Le Darwin Ecosystème et la Friche la Belle de Mai à Marseille par exemple sont eux construits sur la durée.

Une 3ème voie entre public et privé

Ces lieux multiples sont symptomatiques d’une nouvelle manière d’entreprendre. Désormais les freelances font légion mais ne restent pas seuls dans leur coin. Bien au contraire, ils travaillent en mode collaboratif. Les équipes se font et de se défont au gré des projets, d’où l’intérêt et le besoin de se réunir dans des lieux dynamiques propices aux rencontres informelles. Ces lieux sont d’ailleurs généralement ouverts à toutes propositions quant aux activités et événements qui peuvent s’y produire. Leur programmation évolue au gré des rencontres, des échanges et des envies. On y expérimente diverses formes de partenariats et d’échanges et les règles se construisent et s’imaginent au fur et à mesure.

Juridiquement, ces lieux se créent sous différentes formes. Il peut s’agir d’associations (le 6B) ou de projets entièrement publics (Friche La Belle de Mai). Dans d’autres cas ce sont des initiatives privées, comme pour La Commune. Les grandes entreprises s’engouffrent également dans la brèche, certaines par opportunisme d’autres par conviction. La Maif, qui finance de nombreux projets dans l’économie collaborative a ainsi récemment ouvert le Maif Social Club en plein cœur du Marais à Paris. Hormis pour les sites publics et institutionnels, tous doivent faire face à un défi de taille : développer un modèle économique innovant et efficace. L’objectif de ces espaces étant de proposer des prestations peu chères pour être accessible à tous, tout l’enjeu du projet est de rester viable économiquement sans ou avec peu de subventions. C’est là que repose la clé non pas de leur succès mais de leur pérennité : allier la performance à l’intérêt commun.

Pour construire une ville inclusive et sociale, il faut avant tout créer des espaces de rencontres et de vivre-ensemble. C’est ce que ces lieux proposent. Chacun à leur manière, ils construisent la ville de demain pour que les citadins n’aient plus à la subir. Gageons que leur développement ne s’arrêtera pas aux zones urbaines. Dans nos campagnes, de tels lieux peuvent créer un dynamisme et des synergies qui revitaliseraient les territoires. D’autant plus que les bâtiments inoccupés n’y manquent pas. Avis aux amateurs !

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La Ville Récréative: vers une ville kids friendly

Dans un environnement urbain où tout est cartésien, rapide et optimisé, quelle place laisse-t-on au ludique, au désordre, à l’inattendu? Alors que partout dans le monde l’urbanisation est galopante, les enfants sont les grands oubliés de nos métropoles. A tel point que l’on parle désormais de « villes post-familles » ou de « childless cities ». Mais la crise qui dure et qui semble sans fin nous amène à considérer le tissu urbain sous un autre prisme que sa simple efficacité. Désormais l’urbanisme et l’architecture développent des approches sociales pour enfin construire une autre ville : une ville récréative.

No Kids in the block

Force est de constater que les villes ne sont pas des territoires particulièrement attractifs pour les familles. L’immobilier, toujours plus cher, force les foyers à habiter des espaces de plus en plus restreints. L’environnement extérieur quant à lui n’est pas beaucoup plus engageant. La circulation automobile est intense, l’air pollué, l’insécurité permanente. N’en jetez plus, le tableau est suffisamment dressé pour conclure que l’espace urbain se montre hostile envers les enfants.

Dans une ville que l’on veut « intelligente », tout est rationalisé, organisé, efficace. Les citadins en culottes courtes sont comme en détention, réduits à passer d’un espace clos à un autre : de la maison à l’école, de l’école au cours de musique… Même les espaces de jeux sont grillagés. Plus que l’amusement et la découverte, c’est la sécurité qui est devenue la priorité absolue de ces aires pour enfants. Aux Etats-Unis et même en France, certaines municipalités sont allées jusqu’à interdire les balançoires, jugées trop dangereuses.

Rares sont les enfants que l’on laisse jouer dans la rue. Et pour cause, les gardiens d’immeubles, les petits épiciers et tous ces autres « yeux de la rue » ont disparu, mettant fin à une certaine forme de surveillance collective sur laquelle pouvaient s’appuyer les parents. Les commerces de proximité ont désertés les villes pour laisser la place aux centres commerciaux des périphéries et les rues sont devenues trop anonymes pour y laisser gambader nos rejetons.

Les enfants n’ont donc plus d’espace de liberté où ils peuvent expérimenter, tester, laisser leur imagination s’exprimer et se développer. C’est un vrai problème à l’heure où tous les spécialistes s’accordent à dire que la créativité sera l’une des qualités les plus demandées dans le futur monde du travail. Et puis, à trop vouloir les protéger, nous ne les habituons pas à prendre la mesure des dangers ni à apprivoiser leur environnement.

L’ « aire » de la ville récréative

Restreint aux quelques zones parquées et ultra sécuritaires qui lui sont dédiées, l’enfant se retrouve exclu de la vie urbaine. Mais depuis quelques années émerge l’idée d’une ville récréative qui laisserait sa place à l’inorganisé. Les initiatives, principalement citoyennes et autogérées, sont nombreuses.

A contre courant des aires de jeux aseptisés, de nombreux « junk playgrounds » voient le jour. Il existe ainsi aux Pays de Galles Le Land, un terrain de jeux qui ferait frémir de nombreux parents. Dans ce qui ressemble plus à un terrain vague qu’à un square, les enfants ont de curieux jouets à disposition : des marteaux, des scies, des vieux matelas, des palettes de bois, du feu… Ils construisent des cabanes, brulent des cartons, se baladent sur le toit du petit préfabriqué, bref ils sont libres (et aucun accident n’a été à déplorer jusqu’à présent !). Ici, on fait confiance aux enfants et en leur capacité à s’auto-préserver.

Pour rendre la ville plus agréable, les « pockets garden » ont le vent en poupe. Ce sont de petits espaces urbains abandonnés ou inutilisés qui sont réaménagés en mini jardins publics. Autre signe des temps, on compte de plus en plus de jardins partagés et de jardins cultivés qui remettent l’humain et la convivialité au cœur de la ville. Le Street Art peut également avoir vocation à rendre la cité plus humaine et amusante.

Street Art récréatif   david-zinn-street-art-11
Crédits photos: David Zinn

L’urbanisme temporaire  et le hacking urbain ont eux aussi leur rôle à jouer. Le collectif « Rue aux enfants » fait partie de ceux qui ont importé en France le concept américain de play-street. On y bloque temporairement la circulation pour permettre aux enfants (et aux adultes) de s’approprier la rue et d’en faire un vrai terrain de jeux.

Ces dernières décennies de frénétique développement urbain nous l’avaient presque fait oublié mais l’espace public est un bien commun. Il doit rester un espace de liberté pour tous, y compris pour les enfants !

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La vie de quartier à la mode « agrihood »

Soyez les bienvenus dans notre agrihood… Voilà ce que nous lirons peut-être dans quelques années à l’entrée des quartiers les plus récents. Mais qu’est-ce donc qu’un agrihood ? Cette toute nouvelle expression désigne un quartier urbain construit autour de l’agriculture. L’agriculture y joue alors un rôle à la fois central et multiple : nourricier, paysager mais aussi social et fédérateur. Fréquent en campagne, cette façon d’envisager la construction et la vie d’un quartier fait désormais son apparition en ville. (suite…)

Relax & take it slow

A défaut de douceur, prônons un peu de lenteur dans ce monde de brutes. L’époque où nous courions après le temps sera bientôt derrière nous. Les mouvements slow se multiplient: alimentation, éducation, management, même les villes s’y mettent et adoptent la Cittaslow attitude. Plus qu’une mode, nous y voyons l’illustration d’un changement de paradigme : la croissance infinie a fait long feu, le retour à la « raison » est désormais de rigueur. (suite…)

Cultiver le futur

Si les hommes ne vont plus à l’agriculture, l’agriculture ira aux hommes. Et puisque c’est en ville que tout se passe, l’agriculture sera urbaine, indoor et connectée. C’est en tous cas ce que propose Caleb Harper, le directeur de l’Open Agriculture Initiative. Comment? Grâce à un « ordinateur alimentaire », conçu en open source et qui « cultive » les légumes avec un rendement exceptionnel.

Coliving: ensemble, c’est mieux

Il était une fois plusieurs jeunes adultes, nouvellement arrivés sur le marché du travail. Ils habitaient tous dans la même grande ville et chacun de leur côté, ils louaient un petit studio. Tous les matins, ils repliaient bien consciencieusement leur canapé-lit avant de partir travailler pour avoir un peu de place quand ils rentreraient le soir. Après quelques années en colocation, le temps de leurs études, ils étaient bien contents de retrouver un peu d’intimité mais n’auraient pas refusé un peu plus d’espace et de confort. Heureusement pour eux, l’heure du coliving venait d’arriver !

Un mixte entre studio et coloc

Le coworking est maintenant bien rentré dans nos mœurs. Alternative entre le home office et le bureau traditionnel, il nous offre le meilleur des 2 options : convivialité, confort et flexibilité. A son tour, le coliving regroupe les avantages des 2 seules solutions d’hébergement qui s’offraient à nous jusqu’à présent : le studio ou la colocation.

Les immeubles ou maison en coliving offrent à chacun un espace de vie complétement privé. Cet espace peut aller de la simple chambre à un petit studio incluant une salle de bain, des toilettes, voire un petit coin cuisine. En dehors de ces pièces totalement privatisées, le locataire dispose d’une multitude de salles communes : salon, cuisine, salle de projection vidéo, salle de sport, terrasse ou jardin…

De nombreux services y sont également proposés : ménage, blanchisserie, conciergerie. S’ajoute à cela une véritable offre événementielle et culturelle (organisation de soirées, de conférences…). C’est grâce à cette animation que de tels lieux parviennent à fédérer des communautés vivantes, centrées autour de l’échange et des rencontres. Bref, tout est fait pour simplifier la vie des locataires et les libérer de toute contrainte logistique. Certains espaces de coliving s’occupent même de remplir le frigo. Et pour correspondre encore davantage à leur public cible (la fameuse génération Y), les lieux sont souvent associés à un espace de coworking.

Le concept est déjà bien développé dans les pays anglo-saxons et se décline dans différentes gammes et dans différents styles. En voici quelques exemples :

WeLive – Etats-Unis

Dérivée de WeWork, le leader américain du coworking, la marque WeLive se développe dans plusieurs grandes villes américaines pour proposer des appartements « meublés et flexibles ». Du « prêt à habiter » où l’on s’occupe même de vous changer les draps.

WeLive - laundry  WeLive studio

The Collective – Londres

Des cuisines communes rutilantes, des salles de jeux, un jardin sur le toit, un spa, un service de conciergerie. Voilà à quoi les « co-livers » de The Collective ont accès, en plus de leur petit studio. Dans une ville où l’immobilier atteint des sommets, voilà une solution idéale pour éviter la lointaine périphérie.

The Collective - Kitchen  The Collective - Studio

Pure House, Brooklyn – New-York City

Installée au cœur de Williamsburg, LE quartier branché de Brooklyn, ce coliving se veut plutôt haut de gamme. Outre les services de base (ménage, blanchisserie…) les habitants profitent également de services plus atypique tels que des séances de méditation. Le tout contre un loyer plutôt raisonnable pour le quartier.

PureHouse - kitchen  Purehouse - rooftop

Commonspace, Syracuse – Etat de New-York

Commonspace vient tout juste d’ouvrir ses portes dans cette ancienne ville industrielle américaine. Associé à un espace de coworking, l’ambition de ce coliving est de faire revenir les jeunes adultes dans le centre ville en leur proposant un hébergement attractif aussi bien dans son concept que financièrement.

Commonspace - plan  Commonspace - studio

Le coliving, une disruption immobilière

Finalement, le coliving vient répondre à plusieurs besoins typiques de notre époque. Le premier c’est celui de se loger en centre-ville à un prix abordable. Vient ensuite le besoin de flexibilité. Et avec le coliving, on est servi. Les périodes d’engagement varient entre une semaine et un mois. Puis surtout, ce nouveau mode d’hébergement permet d’éviter l’isolement que l’on subit parfois dans les grandes villes. Une sorte de réseau social dans la vraie vie. La plupart de ces lieux disposent d’ailleurs d’un Community Manager, un salarié qui a pour mission d’y organiser des évènements et de faire en sorte que la convivialité règne en maître. Arrive enfin, comme une cerise sur le gâteau, la multitude de services proposés. Ils ne sont pas là pour faire joli mais bien pour répondre à une demande, celle d’avoir plus de temps pour soi.

Ce que l’on vend ici, ce n’est plus un produit, mais une expérience. Une nouvelle façon de considérer l’immobilier.

 

Droits photos: WeLive, The Collective, PureHouse, CommonSpace

Habitat Participatif, l’art et la manière du mieux-vivre ensemble

En 2010, 60% des logements collectifs réalisés étaient des produits défiscalisés. En gros donc, on ne construit plus pour habiter mais pour investir. Voilà qui pose clairement notre problématique: en pleine crise du logement et alors que la spéculation immobilière continue à faire rage, est-il possible d’acquérir un logement abordable, durable et confortable ?
Si nous pouvons répondre par l’affirmative, c’est grâce à cette 3ème voie qui s’ouvre à nous depuis quelques années, l’ habitat participatif. Fonctionnant à la manière d’une « auto-promotion collective », plusieurs familles se regroupent pour concevoir, faire construire et gérer ensemble leur habitat collectif.

Partager autre chose que des charges de copropriété

L ’ habitat participatif, c’est l’art de penser et de concevoir les espaces pour mieux vivre ensemble. Chacun possède évidemment son logement privatif mais plusieurs zones restent communes. C’est souvent le cas de la buanderie et des espaces extérieurs, terrasses, potagers ou jardins, mais cela peut aussi concerner une chambre d’amis, des bureaux ou un atelier de bricolage. Etant donné que la perceuse ne doit servir que 2 ou 3 fois dans l’année, il n’est effectivement pas idiot de la partager à plusieurs. Tout cela permet de libérer de la place dans les logements privatifs (plus besoin de prévoir un emplacement pour la machine à laver ou le sèche linge) et de rationnaliser les coûts.

Mais l’ habitat participatif, c’est aussi un état d’esprit, une envie de vivre intelligemment et joyeusement ensemble, loin de l’anonymat habituel des citadins. Le logement ne se limite plus à un hébergement du quotidien mais devient tout un art de vivre. Souvent les constructions participatives ont une dimension écologique, que ce soit au niveau des matériaux utilisés ou de la gestion des déchets. Certains projets incluent également une forte dimension sociale. C’est le cas du Village Vertical à Villeurbanne. Sur les 14 logements qu’il compte, quatre sont réservés à des jeunes en difficulté que les autres « Villageois Verticaux » s’engagent à assister bénévolement, en complément de l’accompagnement professionnel qu’ils reçoivent.

Lille, Strasbourg et même Paris, de plus en plus de grandes villes ne s’y trompent pas et encouragent les projets d’ habitat participatif. En créant du lien et de l’activité, ils participent à la vie sociale et au rayonnement de tout leur quartier.

Vivre mieux, à moindre coût

En se passant d’un promoteur et donc de sa marge, ces constructions reviennent en règle générale 5 à 15% moins cher que du neuf classique. Mais alors que les promoteurs livrent leurs immeubles clés en main, il faut consacrer beaucoup de temps et d’énergie avant de voir un projet d’ habitat participatif sortir de terre. Les projets se mènent sur plusieurs années, entre 3 et 5 ans en moyenne. La phase de conception est souvent la plus difficile et la plus longue, le groupe devant se mettre d’accord sur une vision, une architecture, et ce en fonction des ressources de chacun. Reste encore à trouver le terrain, ce qui n’est pas une mince affaire lorsque l’on est en concurrence avec des promoteurs immobiliers plus rapides et plus puissants financièrement. Heureusement certaines parcelles restent accessibles car délaissées par les promoteurs qui les estiment trop petites pour leur être rentables.

Raisonnant sur le long terme, ces lieux de vie sont souvent très qualitatifs et font la part belle aux économies d’énergie (beaucoup sont d’ailleurs équipés de leurs propres panneaux solaires).

Définitivement dans l’air du temps puisqu’il s’agit une fois encore de supprimer un intermédiaire, l’ habitat participatif répond à une multitude de problématiques. Chacun peut y trouver son compte: le sénior ne voulant pas rester isolé, le primo-accédant à la recherche d’un cadre de vie convivial et abordable, ou tout simplement le citadin souhaitant vivre d’une manière plus raisonnée. Pour certains, l’ habitat participatif serait même la solution idéale pour mettre un terme à la crise du logement puisqu’il supprimerait de fait toute spéculation immobilière.

Ce qui est sûr, c’est que loin des immeubles neufs stéréotypés et souvent identiques, l’ habitat participatif nous permet de reprendre la main sur nos lieux et nos modes de vie.

Réinventer la ville ensemble et à moindre coût

« Pour le prix d’une étude de marché, on est capable de construire le marché ».

Désormais la ville se ré-invente avec et pour les citoyens. Ils se ré-approprient l’espace urbain à l’échelle d’un quartier avec des projets participatifs et ludiques qui lui créent une identité, c’est ce que l’on appelle du hacking urbain. Jérôme Glad, co-fondateur de Pépinière & Co, nous explique comment cela fonctionne.

Merci à Urbanews de nous avoir fait découvrir cette vidéo!

Métamorphose urbaine

Quand un quartier abandonné devient le plus branché de la ville grâce au street art…. C’est le petit miracle qui a été accompli dans le quartier de Wynwood à Miami. En moins de 10 ans, les friches industrielles ont laissé place à des galeries d’art, studios de musiques, enseignes de modes … Désormais ce sont même des incubateurs et espaces de co-working qui viennent s’y installer.

A découvrir dans cette vidéo du blog Demain la Ville!

 

L’économie collaborative à la rescousse de Détroit

Detroit, c’est LA ville symbole du travail à la chaîne, du néo-libéralisme et de son effondrement. Plus grande ville américaine à s’être déclarée en faillite après les crises de 2008, la cité de Ford, Chrysler et General Motors a enchainé les extrêmes passant de la gloire ultime à la déchéance totale. Jusqu’à devenir une ville fantôme.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, abandonnant la ville à son triste sort. Mais c’est sans compte sur la multitude d’initiatives citoyennes qui est en train de lui offrir un nouveau souffle. Quand le hacking urbain et l’économie collaborative sauvent une ville…

 

L’effondrement d’un colosse du capitalisme

Longtemps, celle que l’on surnomme « Motor City » a été l’emblème d’un certain rêve américain. En embauchant à tour de bras, les Big Three (Ford, Chrysler et General Motors) ont fait naitre la classe moyenne. Enfin les gens avaient accès au confort moderne, ont put devenir propriétaires de leur maison et s’acheter une voiture. Mais dès les années 80, la situation commence à se corser. Voulant fuir les syndicats ouvriers, les Big Three délocalisent certaines de leurs usines hors de Detroit. En parallèle, la concurrence japonaise se fait de plus en plus féroce et c’est le début de la fin pour Detroit.

A partir de 2008, les crises s’enchainent (crises financières, économiques et immobilières) et conduisent la ville à la faillite 5 ans plus tard. Elle cumule alors pratiquement 14 milliards € de dettes. Voilà qui fait désordre pour la ville symbole du capitalisme et du néo-libéralisme! De là à en faire la preuve vivante des limites de ce système économique, il n’y a qu’un pas!

La ville est complétement dévastée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: 80 000 logements abandonnés (soit près d’un sur cinq), 36% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, 18,5% de chômage. Rien que pour l’année 2008, la ville a perdu 70.000 emplois. La conséquence, c’est que la ville s’est vidée de ses habitants jusqu’à perdre la moitié de sa population. Celle qui fut un temps la 4ème ville US ne compte désormais plus que 700.000 habitants.

Le paysage urbain n’est désormais fait que de ruines et de friches industrielles abandonnées. 233km2 sont inoccupés sur les 350km2 que compte la ville. Et le manque de moyens financiers ne permet pas à la municipalité de lutter. Les services publics disparaissent petit à petit de certains quartiers. Certains se retrouvent même dans le noir faute d’éclairage public!

Detroit ne serait-elle plus que chaos et désolation? Pas si sûr!

Happy Detroit

Detroit est à terre, alors Detroit part de sa base pour se reconstruire. Sa base au sens propre comme au sens figuré, c’est à dire son sol et sa population. Les initiatives citoyennes se multiplient, allant notamment vers l’agriculture urbaine, l’économie collaborative et durable.

Et cela ne date pas d’hier. Depuis 25 ans déjà, l’association Motor City Blight Busters regroupe des bénévoles qui retapent et redonnent vie à des maisons ou des friches industrielles abandonnées. De quoi ranimer les quartiers désertifiés de la ville. Un exemple récent de leur action? The Artist Village, un immense local qui partait en décrépitude et qui maintenant abrite 5 commerces, 3 appartements en location et un espace de bureaux. C’est devenu un petit centre commercial prospère qui amène dynamisme et vie à tout son quartier.

Partout dans Detroit, le Guerilla Gardening fait rage. Le moindre lopin de terre à l’abandon est reconverti en potager. C’est une vraie nécessité pour cette ville devenue quasiment un désert alimentaire. Pour se nourrir on n’y trouve que des fastfoods, les supermarchés, eux, ont fermé. Acheter des produits frais à cuisiner soi-même est pratiquement devenu mission impossible. Alors les potagers « sauvages » se développent partout. Detroit compte plus de 1.300 jardins communautaires.

Car oui, c’est bien sur la communauté que tout repose. La fondatrice de l’association iamyoungdetroit l’a bien compris. « Notre mission est d’aider à revitaliser Detroit en encourageant les jeunes porteurs de projets à créer leurs entreprises et en mobilisant les citoyens pour qu’ils les soutiennent ». D’autres initiatives citoyennes viennent encourager les entrepreneurs. Des soirées « soup » sont organisées. Le temps d’une soirée, les gens se réunissent autour d’un bol de soupe (à 5$), et des entrepreneurs viennent pitcher leur projet. Le plus convaincant remporte la recette des soupes (au sens financier évidemment!). L’avantage est double, les entrepreneurs se rencontrent, discutent et même les « perdants » trouvent parfois des financiers intéressés par leur projet. Les artistes ne sont pas en reste. Un site industriel désaffecté a ainsi été converti en « parc du street art » et devient une référence en la matière.

Lincoln Street Art Park Lincoln Street Art Park

Source: Urban Underbelly

Paradoxe pour la ville de l’automobile, le vélo est en passe de devenir son nouvel emblème. Avec des transports publics défaillants et de grandes rues souvent désertes, Detroit est devenu le paradis des cyclistes. Les boutiques de vélos se multiplient, la fabrication se fait localement, grâce à la tradition manufacturière de la ville. De grandes randonnées cyclistes sont régulièrement organisées et peuvent réunir plusieurs milliers de participants.

Bref, il y a tant et tant d’initiatives joyeuses et populaires dans cette ville qu’il nous est impossible de toutes vous les citer. La faillite de Detroit lui a peut-être servi de catharsis. La ville, la société, sa vision du travail, tout cela a muté pour faire naître un nouveau modèle collaboratif et durable. Et petit à petit le centre ville se repeuple et reprend vie. De jeunes entrepreneurs, séduits par la nouvelle identité de la ville viennent s’y installer, montent leurs petits business locaux et se déplacent à vélo. Un brin hipster ? Un brin bobo ? Peut-être, mais cela fonctionne…

 

Si le sujet vous intéresse, foncez sur le site Detroit je t’aime qui recense une multitude d’initiatives citoyennes menées par les Detroiters.

Bienvenue à Transpolis

D’ici 2018, une ville-laboratoire devrait voir le jour pour y tester  grandeur nature toutes les innovations en terme de mobilité urbaine. S’étalant sur 80 hectares et située non loin de l’agglomération lyonnaise, Transpolis sera le lieu d’expérimentation idéal pour inventer la ville du futur.

La mobilité urbaine, un enjeu de taille

En 2050, 70% de la population mondiale habitera en ville. C’est dire l’importance à venir de la mobilité, au sens large du terme. Partout dans le monde, les agglomérations devront faire face à des problématiques liées à la pollution, à la congestion des réseaux de transport mais aussi au vieillissement de la population.

Nos sociétés sont à l’aube de mutations majeures: le monde du travail est en pleine ré-organisation, notre rapport au temps change grâce aux nouvelles technologies et notre besoin d’équilibrer vie pro et vie perso se fait de plus en plus pressant. L’environnement prend également une place capitale, et l’utilisation systématique de la voiture devient presque obsolète. Partout, les infrastructures de transport ont pris du retard dans leur développement et ne sont plus toujours adaptées aux besoins de la population. Les villes n’auront bientôt pas d’autre choix que d’accompagner cette transformation. Mieux, elles devront l’encourager, sous peine de devenir invivables.

Transpolis permettra d’expérimenter à taille réelle des innovations telles que les voitures autonomes et connectées, la gestion dynamique des parkings ou la gestion des flux urbains. La ville-laboratoire considère la mobilité au sens large du terme, car elle compte aussi s’intéresser aux éclairages urbains, aux stations de recharges multi énergie… Bref, tout ce qui rendra la ville du futur plus dynamique et « intelligente ».

 

Transpolis, un projet unique

Cocorico les amis! Avec ce projet d’une envergure inédite en Europe, la France et la région Rhône-Alpes en particulier se positionnent à la pointe de l’innovation en matière de Smartcity et de mobilité urbaine, un secteur hautement stratégique et en plein développement.  Avec un budget  total de 20 millions d’euros, Transpolis a pour objectif d’associer acteurs publics et privés pour développer des solutions durables et inventer les nouveaux modèles économiques qui viendront les soutenir.

Ainsi la particularité de Transpolis, c’est que le site permettra d’aborder chaque problématique de manière systémique, c’est à dire en considérant l’environnement urbain comme un tout, un ensemble cohérent et indissociable. Les collectivités et pouvoirs publics seront alors régulièrement conviés à venir y découvrir les dernières innovations.

C’est donc logiquement que la région, le Grand Lyon et le département ont  participé au financement de ce projet. L’objectif affiché est de créer un pôle technologique majeur et de voir se développer autour de Transpolis un réseau de startups et d’entreprises. Il s’agit donc aussi d’un projet industriel capital pour le territoire.

Des projets planants

Dans le futur, se déplacer sera bien plus amusant que maintenant. Du moins si  les 3 projets que nous allons vous présenter finissent par se réaliser. Voilà donc de quoi s’imaginer un avenir planant…

Le zeppelin nuage

Avis aux fans de Dragon Ball, un jour vous pourrez peut-être vous la jouer comme Sangoku et voyager sur un nuage. Né de l’imagination de Tiago Barros, le zeppelin accueillera ses voyageurs sur son « toit terrasse » et leur offrira une vue à couper le souffle. Petit bémol tout de même, le temps de voyage et la destination seront indéterminés car l’engin se laissera tout simplement porté par le vent. Mieux vaudra également prévoir une petite laine…

Passing-Cloud-Tiago-Barros1    Passing-Cloud-Tiago-Barros1

 

Le pont trampoline

C’est le cabinet d’architecte AZC qui a imaginé ce pont flottant et gonflable pour traverser la Seine. Il n’a certes pas été retenu, mais devant l’engouement suscité, un prototype a tout de même été élaboré et nous donne l’espoir de pouvoir un jour rebondir sur la Seine!

pont trampoline 1    pont trampoline 3

 

L’hôtel dirigeable

Voici le Manned Cloud, un hôtel flottant designé par un français, Jean-Marie Massaud. Plus lent mais beaucoup plus écologique que l’avion, le dirigeable pourra devenir un nouveau véhicule de croisière. Transportant  40 passagers et 15 membres d’équipages il pourra circuler pendant 72h à une vitesse de 130km/h. L’ouverture de cet hôtel volant est prévue entre 2020 et 2025, à suivre donc!

Manned Cloud manned-cloud

 

On mange quoi demain?

D’ici trente ans, nous serons plus de 9 milliards sur terre et 75% de la population habitera en ville. L’agriculture intensive arrive dans une impasse (pollution, appauvrissement des sols, complexité des réseaux de distribution…). Avec des villes qui s’agrandissent sans cesse, l’espace agricole se réduit comme peau de chagrin. Quelles solutions va-t-on développer pour bien manger demain?

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Hack ta ville

« On a beaucoup moins de voisins dans une ville que dans un village ». Alors que plus de la moitié de la population mondiale vit désormais en milieu urbain, nous avons souvent une image négative de la ville, à la fois anonyme et agressive. Et pourtant, il y a d’autres alternatives que de la subir ou de la fuir. Cela passe par la réappropriation des espaces urbains par ses habitants. A l’heure du DIY, la ville se transforme au gré de petites initiatives citoyennes toutes plus ludiques et originales les unes que les autres. Quand la ville devient un terrain de jeu…

L’urbanisme tactique: une nouvelle vie dans la ville

L’urbanisme tactique est l’art de s’approprier et de ré-inventer sa ville à l’échelle d’une rue ou d’un quartier. Tout à commencé en 2005 à San Francisco (encore et toujours San Francisco !) avec le collectif Rebar. Le collectif a eu cette joyeuse idée de prendre possession d’une place de parking pour l’aménager temporairement en espace de vie.

A l’opposé des grands projets d’aménagement dont les citadins ne sont que les spectateurs, les initiatives d’urbanisme tactique sont lancées par les habitants et se font à petite échelle sur du court terme. Leur coût est également très limité, le but étant surtout de développer du capital social, de prendre du plaisir à vivre ensemble.

Mais l’enjeu est bien plus important qu’une simple rigolade entre voisins. L’urbanisme tactique permet de multiplier les expériences diverses et variées et d’obtenir des retours rapides. De telles opérations peuvent ainsi servir de test à des projets de plus grande envergure. Elles développent également la mobilisation et l’implication des habitants dans leur quartier et créent donc un sentiment de vivre ensemble qui manquait parfois cruellement dans nos grandes agglomérations.

Comment hacker sa ville?

Parking day

Né de l’initiative du collectif Rebar, le Parking Day existe désormais dans plus de 50 villes du monde. Le concept est toujours le même, s’approprier l’espace urbain, en l’occurence une place de parking, pour en faire un lieu de vie et d’échange. Pendant une journée, le macadam laisse la place à la végétation et à la création.

parkletParking Day Nantes

Chairbombing

Lancé à New York, le chairbombing est l’art de fabriquer une chaise avec des matériaux de récupération et d’en faire du mobilier urbain. Cerise sur le gâteau, les chaises sont laissées « libres » pendant quelques semaines afin de voir où les habitants préfèrent les installer puis sont ensuite définitivement fixées au sol des endroits les plus populaires.

chairbombing

Guerilla Gardening

Comment rendre nos villes plus humaines? En invitant la nature à s’y épanouir, même dans les endroits les plus insolites!

guerilla gardening

Playstreet

Bloquer la circulation de votre rue pour y organiser un tournoi de basket, un barbecue géant ou s’exercer au roller, ça vous tente? C’est ce que font de plus en plus d’anglo-saxons, notamment à Londres et à NYC.

play street

Pavement to Plazas

Quand les piétons s’approprient l’espace réservé aux voitures, comme ce fut le cas sur Time Square à New York.

NYC pavement to plazas

Depave

Libérons nos sols! Les villes sont souvent recouvertes de macadam. S’il est nécessaire pour les routes et les trottoirs, nous pourrions par contre souvent le remplacer par des espaces végétalisés, comme par exemple dans les cours d’écoles ou sur de grandes esplanades. La motivation est à la fois esthétique et pratique: en cas de très fortes pluies le macadam absorbe moins rapidement l’eau et amplifie les inondations, et par forte chaleur il augmente encore un peu plus la température.

depave

Pré-vitalisation

Ré-insuffler la vie à des espaces urbains peu ou plus utilisés en passe d’être réaménagés. Il peut s’agir de marchés à ciel ouvert ou de boutiques dans des containers par exemple. Les intérêts d’une telle démarches sont divers: engendrer des revenus pour financer le développement à venir, attirer l’attention du public sur le site, tester des business modèles…

pre vitalization

Pop up Shops

Installation de boutiques ou de bars éphémères dans la ville.

pop up shops

 

 

Pourquoi aller au boulot en vélo


Parce qu’un dessin vaut mieux qu’un long discours (que nous avons d’ailleurs déjà tenu sur ce blog), voici en quelques données de quoi nous convaincre de passer au deux roues.

J’ai fait un RÊV


Paris, Bordeaux, Toulouse ou encore Nantes, Strasbourg et Grenoble… Toutes ces villes ont ou vont construire leur REV, comprendre “Réseau Express Vélo”. Monnaie courante dans les pays du nord tels le Danemark, les Pays-Bas, ou la Belgique, ces « autoroutes pour vélo » font enfin leur apparition en France.

 

Le vélo de plus en plus présent dans nos villes

Alors que la mobilité urbaine était jusqu’alors pensée exclusivement pour les voitures, la révolution des vélos est en route. En dix ans, l’utilisation du vélo a doublé en Ile de France, à Paris elle a même triplé. Et toutes les grandes villes de France connaissent ce nouvel engouement pour la petite reine. Les politiques menées pour limiter l’usage des voitures y sont certainement pour beaucoup : stationnements payants, développement des zones piétonnes…

Alors les villes s’organisent et s’adaptent pour encourager et développer cette mutation. L’enjeu est de permettre à tous les usagers de la route, qu’ils soient motorisés ou non, de cohabiter en toute sécurité. Face à un nombre croissant de cyclistes réguliers, il devient nécessaire d’adapter l’infrastructure de nos villes.

 

Ainsi sont nés les REV

A l’image d’un réseau de métro, le REV propose un véritable maillage de pistes cyclables permettant de relier facilement et rapidement plusieurs points d’une agglomération. Néanmoins un tel réseau ne peut pas être partout discontinu, notamment dans l’hypercentre des villes. L’absence de piste cyclable est alors compensée par une limitation de vitesse à 30km/h pour les voitures.

Grâce à ces nouvelles autoroutes pour vélos, les cyclistes sont séparés de la circulation automobile et piétonne et peuvent ainsi rouler en toute sécurité. L’absence d’obstacle permet d’assurer une vitesse moyenne de 20 à 25 km/h, soit autant que les voitures en villes. Certains REV proposent également des services tels que des pompes à air, du petit outillage pour les réparations, de l’eau… Afin de rester praticables 24h/24 et 7j/7, les voies sont éclairées et régulièrement entretenues, voire déneigées si besoin.

 

Des projets à la pelle

A Londres, la future voie rapide pour vélo sera large de 4 mètres et permettra ainsi une circuler en double sens et de doubler sans problème. La capitale britannique qui a instauré un péage urbain depuis 2003 pour limiter la circulation automobile a vu son nombre de cyclistes doubler en 10 ans. Si certains londoniens restent réticents, c’est essentiellement par peur d’un accident. Ce nouveau réseau qui verra le jour en 2016 devrait en rassurer beaucoup. La ville prévoit d’ailleurs 1,5 millions d’utilisateurs d’ici 2026.

Et rassurons-nous, dans Paris à vélo nous continuerons aussi à dépasser les motos puisque la ville développe elle aussi son plan vélo. Son ambition: devenir la capitale du vélo d’ici 2020 ! Avec un budget de 150 millions d’euros, elle se donne les moyens de la réussite et se fixe un objectif pour 2020 : créer un réseau de 1400 km de pistes cyclables autour de 2 axes: Nord-Sud et Est-Ouest.

Et certaines métropoles françaises n’ont pas attendu la capitale pour se mettre dans la roue de cette révolution. Strasbourg aura son VeloStras, un réseau de plus de 130km de pistes cyclables avec services associés, le projet est en cours de discussion à Grenoble et Toulouse… Bref, la roue est en train de tourner: bye-bye la voiture, hello le vélo!


Quelques visuels du projet de Norman Forster pour la ville de Londres:

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SkyCycle

Le SkyCycle ou comment survoler la ville en vélo

Le SkyCycle ou comment survoler la ville en vélo

 

 

Le vélo, la voiture du futur


La voiture pollue, la voiture énerve, la voiture prend de la place et la voiture coûte cher. Alors que nous vivons une période de crise économique et écologique, elle est presque devenue un non-sens. C’est apparemment le constat que font beaucoup de nos compatriotes puisque 3 millions de vélos se sont vendus en France en 2014, soit 7% de plus qu’en 2013. Et la plus part de ces nouveaux utilisateurs sont des citadins. Après avoir déserté nos villes depuis les années 60, les vélos font leur grand retour.

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