L’empowerment des salariés

Le travail… Est-ce vraiment la santé ? A l’heure où burn-out et bore-out entrainent de plus en plus de job-out, on a surtout l’impression que ce qui est salutaire, c’est plutôt de quitter le monde de l’entreprise … Ce serait pourtant aller bien vite en besogne. Car loin de la stratosphère qui reste effectivement concentrée sur des objectifs purement financiers, à leur échelle salariés et cadres dirigeants font bouger les choses pour retrouver un sens et une motivation dans leurs jobs parfois bien abstraits certes mais pas forcément « à la con ». Entre intrapreneuriat, management horizontal et nouvelles formes de collaboration, désormais l’entreprise se veut humaine et libérée. Une révolution qui repose essentiellement sur l’empowerment des salariés.

Partager le pouvoir pour libérer l’intelligence collective

Si aux yeux de certains les entreprises sont d’abord et avant tout l’instrument des actionnaires qui les possèdent, il n’en reste pas moins que ce sont leurs salariés qui les font vivre. Et beaucoup de grandes entreprises se voient confrontées non seulement au problème de fidélisation de leurs employés, de plus en plus volages, mais aussi à la difficulté de recruter, surtout cette fameuse génération Z plus intéressée par l’entrepreneuriat ou les startups. Gros changement de paradigme donc dans le monde du travail où l’épanouissement et le bien-être comptent désormais plus que le salaire et la carrière. Or le bien-être en entreprise, n’en déplaise à certains, ce n’est pas une question de baby-foot ou de distributeur de bonbons. C’est surtout affaire de confiance et de collaboration positive.

Le fait est que les salariés se sentent de plus en plus mal à l’aise avec les relations de subordination dans l’entreprise. Ce type d’organisation se montre parfaitement inadapté face à l’économie numérique qui exige à la fois mobilité et agilité. Les processus de changement sont devenus beaucoup trop longs et fastidieux. C’est donc pour rendre leur entreprise plus innovante que certains salariés se transforment en corporate hackers. Ces pirates d’un nouveau genre contournent les règles et désobéissent à leur hiérarchie pour apporter créativité et nouveauté à leur entreprise. Car il peut définitivement y avoir de la valeur à faire autrement. Les entreprises elles-mêmes en sont de plus en plus conscientes et recherchent ses profils atypiques prêts à transgresser et à penser hors du cadre.

L’ère est désormais au décloisonnement qu’il soit physique (avec les espaces de coworking) ou organisationnel. C’est ce que montre le rapport mondial 2017 sur les tendances au travail de Sodexo. Et pour cause, décloisonner c’est laisser une part de hasard dans les rencontres et dans les interactions. De quoi permettre de booster l’innovation.

Nombreuses sont les entreprises qui se penchent sur la question et repensent leur organisation. Elles se « libèrent » et responsabilisent leurs employés. C’est le cas de Michelin par exemple dont les salariés sont désormais autonomes et s’autogèrent. A la tête de l’entreprise, Jean-Dominique Sénard explique que cette mutation consiste à « transformer des entreprises obéissantes (à des manageurs, à des référentiels, à des procédures…) en des entreprises intelligentes où les équipes apprennent chaque jour dans et par l’action ». De quoi en tout cas ramener du sens et de la motivation au sein des équipes et faire disparaître ces fameux bullshit jobs qui dépriment tant les cols blancs.

Umanao: remettre l’humain au cœur de l’entreprise

Pour accompagner les entreprises et leurs salariés dans cette mutation, Jérôme Jubelin, fondateur d’Umanao, a eu l’idée de créer Game As A UMAN Service, procédé à base de jeu de plateau et de fiction qui a pour but de replacer l’humain au cœur des organisations. Son postulat de départ a été le suivant : « Dans une période d’innovations aussi forte que maintenant nous vivons une vraie rupture. Et nous ne savons pas vraiment ce que l’avenir nous réserve. Or notre cerveau peut réagir de deux manières différentes face à l’incertitude et au changement : soit il le considère comme un risque, ce qui entraine repli sur soi et travail en silo dans l’entreprise, soit il voit le changement comme une opportunité, ce qui engendre alors ouverture, coopération et dynamisme. »

Il est plus avantageux d’entrainer notre cerveau pour qu’il adopte une vision positive du changement. En passionné de neurosciences, Jérôme nous explique qu’Umanao permet de développer la « plasticité neuronale » de son cerveau, une manière de le « reprogrammer » sans effort et en s’amusant. Et ce d’autant plus que notre cerveau ne fait pas la différence entre la réalité et le jeu. Il prendra donc au sérieux tous les apprentissages acquis pendant la partie.

Le but ? Construire un objectif d’entreprise commun en tenant compte de la personnalité de chacun. Umanao amène chaque participant à sortir du jugement et à comprendre l’autre pour ce qu’il est et non pour ce que l’on se projette de lui. Le jeu agit comme un levier de compréhension et d’expérimentation. Entièrement scénarisé, il est décliné en plusieurs épisodes et permet donc un travail dans l’entreprise soit à court terme, soit sur le plus long terme en fonction des objectifs.

En plus de proposer ses outils aux entreprises, Jérôme travaille également sur l’axe social, notamment avec les Cités d’Or, un mouvement civique qui œuvre pour que chacun puisse grandir et s’armer en tant que citoyen, et sur l’axe des Seniors pour développer le lien intergénérationnel

Plus que d’ empowerment des salariés, c’est désormais d’ empowerment citoyen qu’il s’agit. Mais toujours le même objectif : rendre les organisations et la société plus humaines et plus éthiques. Vaste programme !

Par Céline Beaufils

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Required fields are marked *