On mange quoi demain?

D’ici trente ans, nous serons plus de 9 milliards sur terre et 75% de la population habitera en ville. L’agriculture intensive arrive dans une impasse (pollution, appauvrissement des sols, complexité des réseaux de distribution…). Avec des villes qui s’agrandissent sans cesse, l’espace agricole se réduit comme peau de chagrin. Quelles solutions va-t-on développer pour bien manger demain?

Nouveaux espaces de culture

Plutôt que d’agrandir sans cesse nos espaces urbains, l’idéal serait dans un premier temps d’optimiser ceux qui existent déjà.

Toits végétalisés

Les toits sont devenu un nouvel eldorado pour l’agriculture urbaine. Et l’idée a de quoi séduire. Prenons l’exemple des hypermarchés. La moitié d’entre eux a plus de 35 ans. A l’origine situés en périphérie, l’extension urbaine galopante les a rapidement encerclés de telle sorte qu’ils se retrouvent désormais au cœur des agglomérations. Reconvertir leur toit en ferme urbaine permettrait d’assurer la fraicheur des fruits et légumes, d’inciter à consommer des produits de saison et favoriserait le circuit-court. Bref, tout le monde est gagnant.

A New-York depuis 2009 une société s’est lancée dans l’aventure. Gotham Greens associe méthodes écologiques et procédés hautement technologiques pour produire et distribuer en circuit-court des légumes frais et garantis sans pesticides.

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Friches urbaines

Toujours dans le but de ne gaspiller aucun espace, la transformation des friches en fermes urbaines commence à se répandre. A Berlin le Prinzessinnengarten a été créé par une association de « guerilla gardening ». Le terrain de 6000 m2 était à l’abandon depuis plus de 50 ans. Désormais, il est devenu un espace collaboratif d’agriculture bio.

Et en France? Nos villes collectionnent des milliers d’hectares de friches urbaines inexploitées. Saint Cyr l’Ecole, située dans les Yvelines, est la première commune à avoir reconverti une friche en espace agricole. Depuis un an on y cultive désormais des fraises, des tomates et des framboises.

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Prinzessinnengarten à Berlin

Fermes verticales

Il y a quelques décennies seulement on aurait pu croire à de la science-fiction, mais les fermes urbaines vont bel et bien faire leur apparition dans nos villes. Le concept de jardins suspendus existe depuis l’Antiquité (jardins de Babylone). Ce qui change avec les fermes verticales, c’est qu’étant situées en milieu fermé, tout y est contrôlé: la luminosité, la température, les nutriments… Un tel contrôle permet d’optimiser au maximum le rendement des cultures, le tout sans aucun pesticide puisque l’environnement est complètement stérile.

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Fermes urbaines imaginées par l’architecte Vincent Callebaut

Nouveaux modes de culture

Ces nouveaux espaces agricoles possèdent le même défaut: la terre y est inexistante ou inexploitable. Dans tous les cas, un mode de culture hors sol doit être mis en place. Différentes solutions s’offrent à nous.

Hydroponie

Les plants sont disposé sur un support neutre (sable ou laine de roche par exemple). Une fine pellicule d’eau circule en permanence et vient apporter les nutriments nécessaires à la croissance des végétaux.

hydroponie

Aquaponie

Produire à la fois des légumes et des poissons peut paraître saugrenu mais n’en demeure pas moins d’une logique imparable. Les déchets des poissons servent d’engrais aux végétaux qui en retour vont purifier l’eau des poissons. C’est le cercle vertueux de la nature que l’on reproduit in vivo. Alors qu’en France 7 poissons sur 10 sont importés, voilà une piste intéressante pour développer de nouvelles méthodes de production.

aquaponie

Aéroponie

Si l’on regarde du côté des toutes dernières innovations agricoles, on trouve l’aéroponie. L’eau et les nutriments sont vaporisés en permanence et en circuit fermé sur les plantes. A production équivalente, ce système utilise à peine 3% des quantités d’eau nécessaires avec l’agriculture traditionnelle. Le rêve pour les pays en proie à la sécheresse…

 

 

 

7 réflexions au sujet de “On mange quoi demain?

  1. Mehdi Mahbouli says:

    L’avenir passera également par la culture d’insectes, très riches en protéines. Mais là, pas sûr que l’on considère cela comme de la « bonne nourriture » !

  2. We_Lab_1 says:

    oui c’est une autre étape, un peu moins enthousiasmante!

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