La politique collaborative au secours de la démocratie

Jacques a dit « le prochain président sera un inconnu ». Avec cette petite phrase subrepticement glissée en interview, M. Attali prédit-il l’ubérisation de la politique ? C’est en tout cas ce qui semble se passer. Avec 2017 en ligne de mire, de nombreuses initiatives citoyennes se mettent en place pour proposer une alternative aux partis politiques traditionnels. Voici venue l’ère de la politique collaborative.

Protéger la souveraineté du peuple

« Démos », le peuple et « Kratos », le pouvoir. Voilà l’étymologie du mot démocratie. Est-ce toujours bien le cas ? Loin de toutes considération politicienne et tous partis confondus, le pouvoir est-il toujours bien aux mains des citoyens ? C’est la question que semblent se poser de nombreux français qui expriment de plus en plus leur désintérêt, voir leur dégoût de la politique.

Déconnectée de la vie réelle, élitiste et conservatrice, la classe politique cumule les critiques en plus des mandats. Et elle a désormais bien du mal à emballer les foules : d’après une enquête du CEVIPOF, 82% des français ont une mauvaise image de la politique. Comme dans le monde de l’entreprise, la logique « top-down » où la France du haut commande la France du bas a fait long feu. Partout dans le monde, les démocraties sont confrontées à une profonde contestation du pouvoir politique. De nombreux mouvements tels que « Occupy Wall Street » aux Etats-Unis ou« Podemos » en Espagne se targuent de représenter les « 99% », l’intérêt général face au pouvoir d’une élite considérée comme corrompue.

La question qui se pose maintenant est de savoir comment partager le pouvoir politique sans basculer dans le court-termisme et la démagogie (à la réflexion, n’en sommes nous pas déjà arrivés là ?)

Les solutions citoyennes

Un peu en reste parce que davantage protégée de la crise par son système social, la France voit éclore elle aussi des projets populaires qui cherchent à faire en sorte que la politique ne soit plus une carrière mais un engagement citoyen. Puisque 88% des français estiment qu’il n’y a pas assez de renouvellement de la classe politique, il est temps de trouver des solutions pour faire émerger de nouvelles têtes et impliquer davantage les français dans la vie politique. Regroupées sous le nom de Civic Tech, elles forment un mouvement qui cherche à influer sur les institutions politiques en les rendant plus accessibles. En voici quelques unes :

Laprimaire.org et La Transition

L’ambition de ces deux organisations est de permettre aux citoyens de choisir leur candidat à la présidentielle. Une ambition légitime quand on sait que ceux qui sélectionnent traditionnellement les candidats et monopolisent la scène médiatique (c’est à dire les partis politiques) ne représentent que 0,58% de la population française.

Voxe.org

Un comparateur de programmes qui permet de confronter les propositions des candidats. Une manière de ramener de la clarté et de la transparence dans le débat politique et de permettre à chacun de choisir plus facilement son camp !

Mavoix

Une initiative qui s’est fixé comme objectif d’ « hacker l’Assemblée Nationale ». Concrètement, elle souhaite faire élire des députés qui ne voteraient selon les consigne d’un parti, mais en fonction des choix exprimés par leurs électeurs via une plateforme de vote

 

 

 

Comme les taxis parisiens à l’époque, les politiques ont tendance à se penser irremplaçables. Uber et les autres compagnies de chauffeurs privés nous ont montré que nul ne l’est.

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