Réinventer l’école, une idée folle?

Dans 20 ans, un tiers des métiers d’aujourd’hui auront disparu, victimes de la robotisation ou tout simplement devenus obsolètes. En parallèle évidemment de nouveaux métiers verront le jour, certains que nous pouvons plus ou moins imaginer, d’autres que nous sommes incapable de prévoir. Dans ces conditions, l’ école ne peut plus se targuer de former les adultes de demain à leur futur métier. A l’heure où nous pouvons tous nous former seuls et souvent gratuitement, et alors que le savoir est accessible partout, quel est le rôle de l’école et comment peut-elle évoluer ?

Sus à l’idéologie, vive le bon sens !

L’impossibilité de préparer à des métiers qui n’existent pas encore est un premier constat. Le deuxième est celui d’un échec : en fin de CM2, 40% des élèves ont des connaissances trop fragiles en math et en lecture pour leur permettre de suivre une scolarité normale au collège (source : rapports 2007 et 2012 du Haut Conseil de l’Eduction). Voilà qui donne envie de donner un gros coup de pieds dans la fourmilière, non ?

Pendant 3 ans, Céline Alvarez a exercé son métier d’institutrice en maternelle en se basant sur une approche non pas idéologique mais scientifique. Basé sur différentes études en sciences cognitives, son enseignement reposait sur 4 principes : l’autonomie, la bienveillance, la diversité sociale et un environnement riche. Et ses résultats sont plus que probants. En mélangeant les niveaux (petits, moyens et grands dans une même classe), en laissant les enfants libres de choisir leur activité tout en les accompagnant, en les laissant progresser par l’exemple et l’expérience, elle a accompli des miracles. A la fin de ces 3 années, tous ses élèves avaient au moins un an d’avance, savaient lire et compter tout en étant particulièrement autonomes, sociables et confiants.

Les recherches en neurosciences et en psychologie cognitive l’ont prouvé : les conditions d’apprentissage idéales sont celles qui s’approchent au maximum d’un environnement naturel. Et ce qui est surprenant dans cette histoire c’est que cela nous surprenne (et qu’il ait fallu des études pour le prouver). Est-il vraiment souhaitable qu’un enfant reste assis derrière un petit bureau 6 heures par jour ? N’est-il pas davantage stimulé dans un environnement plus dynamique et moins cadré ?

Une école pour apprendre à apprendre

Partout dans le monde une multitude d’écoles alternatives voient le jour. Si vous suivez We-Lab, vous connaissez déjà l’une de leurs têtes de proue, la Fuji Kindergarten de Tokyo, souvent qualifiée de « meilleure maternelle du monde ». Autre exemple innovant, l’école Caminando dans la Drôme qui, tout en suivant le programme académique, utilise la nature et les promenades en plein air comme pivot de son enseignement. Les enfants participent à tout : le ménage, la vaisselle. . . Le potager permet à la fois de se nourrir mais aussi de se former à la permaculture, et d’apprendre à compter (on pèse, on additionne… ), et tout devient source d’apprentissage.

Basé sur un fonctionnement plus horizontal entre les élèves et les enseignants, ces écoles favorisent un apprentissage ancré dans le concret. Autre astuce pour stimuler la curiosité et la soif d’apprendre : multiplier les interactions avec des enfants plus jeunes (que l’on est fier d’aider) et plus âgés (que l’on est fier de suivre).

Le but derrière tout cela, c’est surtout de donner aux enfants l’envie, la capacité et l’autonomie d’apprendre. Nous ne savons absolument pas de quels métiers sera fait l’avenir, mais une chose est sûre : le monde évolue de plus en plus vite. Nous devrons donc tous être capables de nous remettre en question et de nous former tout au long de notre carrière.

Heureusement, en parallèle s’offre à nous une opportunité inédite dans l’histoire de l’humanité. Avec les MOOC et autres webinars, nous avons désormais accès à une multitude de formations, disponibles partout sur la planète, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit et bien souvent gratuitement. Les initiatives se multiplient aux quatre coins de la planète pour libérer l’accès au savoir. Les grandes universités diffusent de plus en plus de cours en ligne, des entreprises partagent également leurs expertises dans des webinars (plus ou moins auto-promotionnels mais qui permettent quand même d’apprendre), des particuliers produisent des tutoriels sur à peu près tout et n’importe quoi.

Nous n’avons plus besoin de l’école pour apprendre. Son challenge, plus que jamais, c’est de faire en sorte que les adultes de demain soit capables d’évoluer sereinement dans un monde où le salariat, la retraite assurée et autres petites réjouissances seront très certainement de l’histoire ancienne. Ce sont surtout des compétences, au delà des connaissances que l’école doit nous apporter : l’autonomie, la sociabilité et la confiance en soi…

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