économie

L’actualité sur la production, la consommation et la distribution

Une époque formidable

Une époque formidable… C’était le titre de la conférence organisée par la Tribune et Acteurs de l’Economie ce lundi 21 novembre à Lyon. Durant toute la journée, des intervenants tels que Axel Kahn, Pierre Rabhi, Eric Dupond-Moretti ou Cédric Villani se sont succédés pour partager leur vision du monde actuel et futur. (suite…)

L’entrepreneur colibri

Il ne crée plus son entreprise, il monte sa start-up. Un changement de vocabulaire qui s’accompagne d’un changement de mentalité. Longtemps conspué, le statut d’entrepreneur a désormais la côte. Il était temps! Car si nous sommes tous plus ou moins aveuglés par la vision du dirigeant du CAC 40, force est de constater que ceux qui créent de la valeur, des emplois et qui paient des impôts en France, ce sont surtout les créateurs de PME et TPE.

Ces startups qui essaiment par milliers sur notre territoire, sont autant de possibilités de faire changer les choses. Car beaucoup adoptent des modes de fonctionnement proches de l’économie collaborative, (fonctionnement horizontal, prise en compte de l’intérêt collectif ou social, désintermédiation…). Pourquoi une telle évolution ? (suite…)

Le revenu de base en 5 questions

Attention, sujet polémique! Utopique pour les uns, catastrophique pour les autres, l’idée d’un revenu de base s’invite de plus en plus souvent sur le devant de la scène. Et certains, toujours plus nombreux, y croient dur comme fer. Défendu par des économistes et des politiques de tous bords ainsi que par des citoyens partout dans le monde, le revenu universel est-il la solution aux bouleversements économiques et sociétaux que nous sommes en train de vivre? Essayons d’y voir un peu plus clair!

Quel est le principe?

Le principe est simple, il consiste à verser une allocation à vie sans condition d’âge, de ressource et sans obligation de travailler. En gros donc, absolument tout le monde percevrait la même somme tous les mois pendant toute sa vie d’adulte. Le montant de cette allocation fait encore débat et varie entre 400€ pour certains et 850€ pour d’autres. Le but de cette allocation étant de permettre à chacun de subvenir à ses besoins vitaux. Bien, bien… Voilà qui vous laisse sceptique non? 


 

Sur quelle logique économique repose-t-il?

C’est la première question que l’on se pose. Parce que l’idée de distribuer de l’argent à tout le monde aussi facilement est franchement choquante quand on sait à quel point les caisses de l’état sont vides.

Mais essayons de sortir un peu du cadre et de penser « hors de la boite », comme diraient nos amis anglo-saxons. Aujourd’hui, un tas d’allocations et d’aides viennent soutenir les personnes en difficulté. Pour quelle efficacité ? Beaucoup sont considérées comme des trappes à l’inactivité n’incitant pas leurs bénéficiaires à retrouver un emploi.

En parallèle, nous pouvons considérer que les activités rémunérées ne sont pas les seules à créer de la richesse. Les femmes et hommes au foyer, les bénévoles du milieu associatif, les aidants aux personnes dépendantes sont autant d’actifs non rémunérés sur lesquels repose pourtant une bonne partie de la société.

Autre atout du revenu de base, il viendrait corriger les inégalités de plus en plus importantes dans nos sociétés en assurant à chacun un pécule minimum lui permettant de prendre plus d’initiatives et de risques dans sa carrière.
Soyons lucides 850€ mensuels ne suffisent pas pour vivre, mais ils nous permettraient de faire disparaître l’extrême pauvreté qui touche de plus en plus notre pays. Nous serions aussi plus libres dans le choix de notre travail (dont le salaire viendrait en complément) car nous en dépendrions moins. Quand on sait qu’en France 12,3% des salariés vivent dans la précarité, il y a de quoi se poser des questions sur notre système actuel.


 

Pourquoi cette idée revient-elle au goût du jour?

La faute à la crise! Pas la crise en tant que telle, mais la crise en tant que signal d’un épuisement de notre modèle économique, d’une remise en question de notre modèle sociétal.

Il convient de s’attarder sur le principe philosophique du revenu de base. Il remet complétement en question notre vision de la notion de « travail ». Nous sacrifions (et le terme est choisi consciemment car nombreux sont ceux qui subissent plutôt que choisissent) une grande partie de notre temps à travailler. Le travail, en plus d’être une condition de survie, est aussi une valeur sociale fondamentale. Nous pensons tous devoir nous « réaliser » à travers notre emploi.

Mais à l’heure où le système libéral semble à bout de souffle, à l’heure où les robots menacent de plus en plus de nos emplois, il est bon de remettre en question cette suprématie du travail dans nos vies. Le travail est-il vraiment le propre de l’homme? Alors qu’on parle de plus en plus de « bullshit jobs », ces emplois qui n’ont d’autre sens que de nous faire gagner notre vie, on découvre les limites d’un modèle économique reposant sur la nécessité d’une croissance éternelle, alors même que nous devons composer avec des ressources limitées. Depuis les années 90, Jérémy Rifkin prédit la fin du travail et de plus en plus de voix se joignent à la sienne et implorent la société de s’y préparer. Le Revenu de Base fait clairement partie des pistes de réflexion.


 

Comment le financer?

Les idées de financement ne manquent pas. Certains proposent de le financer par la taxe carbone sous la forme d’un chèque vert. D’autres encore parlent de supprimer tous les impôts et taxes et de les remplacer par une TVA beaucoup plus importante. Les avantages d’un tel système sont nombreux: plus forte compétitivité de nos entreprises (totalement libérées de l’impôt et des contraintes administratives qui en découlent), égalité de taxation pour tous les produits qu’ils viennent de France ou de Chine par exemple… Un problème majeur subsiste néanmoins: l’impossibilité de prévoir à l’avance le budget de l’état.

L’économiste Marc de Basquiat préconise lui de transformer l’impôt sur le revenu en « impôt universel de redistribution des revenus ». Dans ce cas, le RSA, la prime pour l’emploi et les exonérations de cotisations patronales disparaitraient au profit de ce revenu de base reversé à tous.

Autre possibilité: ne plus créer de la monnaie par le crédit bancaire, comme cela se fait actuellement, mais par la distribution du revenu de base. Pour l’instant, les banques créent l’argent qu’elles prêtent. Si l’on changeait la manière de créer la monnaie, elles ne pourraient utiliser que l’argent qui a été placé par les épargnants ou celui qui lui aura été prêté par la Banque centrale. Voilà qui permettrait en prime de contrôler la monnaie en circulation et d’empêcher les bulles spéculatives.

Le mouvement pour le revenu de base français présente 8 pistes envisageables, toutes prouvant que le système du revenu de base pourrait devenir viable.


 

Le revenu de base a-t-il déjà été expérimenté ?

Oui, et  son efficacité a même été partiellement prouvée. Alors, après toutes ces explications théoriques, voici les faits. Au Brésil, au temps de sa présidence Lula avait instauré « La Bolsa Familia », ce revenu de base a aidé 12 millions de familles à sortir de la pauvreté.

En Namibie, ce sont tous les habitants d’un village qui se sont vu attribuer l’équivalent de 10€ mensuels pendant deux ans. Les résultats parlent d’eux-mêmes: de nombreuses activités commerciales et économiques ont vu le jour, le taux de scolarisation a atteint 90% tandis que la criminalité et l’alcoolisme ont drastiquement chuté. En bref, libérés de la lutte quotidienne pour leur survie, les habitants ont vu s’ouvrir de nouvelles perspectives et ont pu se lancer dans des projets à moyen et long termes. Le gouvernement namibien réfléchit donc à étendre cette mesure à l’ensemble du pays.

En Alaska, le revenu de base existe depuis plus de 30 ans. Il est financé par les revenus du pétrole. Et l’expérience a montré que 95% des bénéficiaires avaient conservé un travail rémunéré ou s’étaient consacré à des activités utiles à la société. Plus près de chez nous, à Utrecht aux Pays-Bas, la municipalité teste ce système sur plusieurs centaines de familles. En Finlande, on envisage également de verser 1.000€ par habitants à partir de 2017.

Et en France ? Un sondage de l’Ifop a révélé en mai dernier que 60% des français y seraient favorables. A suivre, donc !

Par Céline Beaufils

Vers la miniaturisation de l’économie?

Dans cet article, nous allons nous projeter quelques années dans le futur. Mais d’abord, partons du présent. Aujourd’hui en France les centres commerciaux situés en périphérie urbaine vivent leur apogée tandis que les petits commerces et les artisans agonisent (100 entreprises artisanales ferment chaque jour dans notre pays). Crise oblige, les consommateurs vont au moins cher, normal. Mais en parallèle on voit se profiler une tendance au « consommer moins mais mieux » . L’économie collaborative en est évidemment le fer de lance et les hipsters leur étendard. Cette tendance va-t-elle sonner le glas de la consommation et de la production de masse?

Les signes précurseurs

La crise ne s’est pas limitée à l’économie, elle a aussi eu une dimension sanitaire et alimentaire. Et quand on découvre que le bœuf dans notre assiette s’est transformé en cheval, la pilule est dure à avaler.
Les consommateurs développent de nouvelles attentes, notamment en matière de traçabilité. Une enquête de Biocoop a montré que 82% des français font davantage confiance aux aliments produits à moins de 150km de chez eux.
Il est vrai que la proximité et les circuits courts ont de plus en plus le vent en poupe. Le succès de la Ruche qui dit Oui et des AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) en sont la preuve irréfutable.

Même si le prix reste le premier critère de choix pour les consommateurs, nous devenons davantage sensible à la qualité aussi bien au niveau alimentaire (retrouver le « vrai » goût des produits, consommer terroir…) qu’au niveau des biens de consommation (chasse à l’obsolescence programmée). La viande est un bon exemple, de plus en plus de français préfèrent en consommer moins, mais de meilleure qualité.

Dans le monde du travail, la tendance est la même. En 2014, une étude a montré que 80% des salariés de TPE s’estimaient heureux dans leur travail alors même qu’ils travaillent plus et gagnent moins que dans les plus grandes structures. Mais le côté plus humain des PME, permettant une réelle proximité avec le dirigeant, assure une meilleure ambiance de travail.

On le sait, les générations Y et Z sont en quête de sens, de transparence et d’authenticité. Les hipsters, considérés par beaucoup comme les précurseurs des futures tendances, poussent le concept à son maximum. Avides d’entrepreneuriat, ils l’encouragent en achetant et vendant localement. Dans un article paru dans Le Monde, Lise Attia, directrice commerciale du Bon Marché, décrit cette tranche de la population comme « une bohème urbaine, riche de son entraide, avec une volonté de production et de consommation alternatives ». Alors s’agit-il d’un simple effet de mode ou d’une réelle vague de fond?

La miniaturisation de l’économie ?

Essayons-nous un instant à l’art de la prospective. Nous qui nous sommes engagés à considérer l’avenir de manière positive et non anxiogène, voilà comment nous voyons les choses.
Parce que se déplacer en voiture va coûter de plus en plus cher, nous allons être poussés à limiter leur utilisation et donc à renoncer aux longs trajets pour faire ses courses. Parce que nous voulons davantage d’humain et de proximité, nous allons fuir de plus en plus l’anonymat des grandes surfaces. Attention, nous ne prédisons pas l’extinction des hypermarchés, mais une vraie baisse de régime. Finalement cela aurait du sens: acheter plus souvent mais en plus petite quantité pour consommer des produits frais et éviter le gaspillage. De ce fait, se rendre en grande surface n’aurait plus grand intérêt.
Avec la même logique, plutôt que d’acheter une nouvelle machine à laver ou un nouveau sac à main, nous irons chez un réparateur ou un cordonnier. Aidée par les technologies numériques, l’économie va se reconstruire à l’échelle d’un quartier et non plus d’une agglomération.

La société change: les familles monoparentales et les célibataires sont de plus en plus nombreux. Cette évolution s’accompagnera forcément d’un changement des modes de consommation. Une étude du CNCC (Centre National des Centres Commerciaux) l’annonçait déjà en 2013: « Le consommateur semble retrouver la direction de la ville et vouloir consommer différemment d’où la nécessité de redonner une certaine attractivité aux centres villes et aux quartiers. »
Et l’urbanisme entre effectivement en ligne de compte. Beaucoup de communes cherchent à redynamiser leur centre ville. Leur revalorisation passe inévitablement par le développement des commerces de proximité.
Les problématiques environnementales et énergétiques joueront aussi un rôle important dans la miniaturisation de l’économie. Pour preuve, voici un extrait de l’étude de l’ADEME sur la consommation des français en 2030:

« Les dépenses de consommation des ménages français ont connu une hausse sans précédent depuis plus de cinquante ans. Ce niveau élevé de consommation est associé à l’accroissement de l’empreinte environnementale de notre pays. Empreinte énergétique, empreinte carbone, empreinte eau, consommation de ressources, recul de la biodiversité… tous ces indicateurs sont le reflet de nos modes de vie et de consommation. Une part croissante des dépenses de consommation des Français est satisfaite par des importations. La consommation intérieure génère donc des impacts environnementaux sur le territoire national et au sein d’autres pays. Ainsi, environ 45% des émissions de gaz à effet de serre imputables à la consommation des Français proviennent des importations de produits fabriqués à l’étranger ! (…) Aller vers des modes de consommation et de production plus durables représente ainsi un enjeu stratégique majeur« 

La fin du big is beautiful est-elle en cours ??? RDV dans une dizaine d’années pour vérifier ! Et en attendant, si vous avez envie de vous y mettre, voici la carte (collaborative évidemment!) du « consommer local » éditée par France Bleu.

Par Céline Beaufils

Inégalité & Croissance


le bout du tunnerfacade immeublefacade immeubleC’est le genre d’info que l’on a du mal à vraiment appréhender : 1% des humains les plus fortunés possèdent la moitié de la richesse mondiale. Voilà de quoi nous laisser pantois, voire dubitatif. Comment est-ce possible ?

Outre les questions pratico-pratique (mais que diable font-ils de tout cet argent ?), restent des interrogations plus poussées : d’où vient se creusement des inégalités ? Quelles en sont les conséquences économiques et sociales et comment y remédier ?

Voici un article en guide d’introduction à un thème que nous développerons régulièrement dans ce blog.

(suite…)