Archives mensuelles : septembre 2016

Coliving: ensemble, c’est mieux

Il était une fois plusieurs jeunes adultes, nouvellement arrivés sur le marché du travail. Ils habitaient tous dans la même grande ville et chacun de leur côté, ils louaient un petit studio. Tous les matins, ils repliaient bien consciencieusement leur canapé-lit avant de partir travailler pour avoir un peu de place quand ils rentreraient le soir. Après quelques années en colocation, le temps de leurs études, ils étaient bien contents de retrouver un peu d’intimité mais n’auraient pas refusé un peu plus d’espace et de confort. Heureusement pour eux, l’heure du coliving venait d’arriver !

Un mixte entre studio et coloc

Le coworking est maintenant bien rentré dans nos mœurs. Alternative entre le home office et le bureau traditionnel, il nous offre le meilleur des 2 options : convivialité, confort et flexibilité. A son tour, le coliving regroupe les avantages des 2 seules solutions d’hébergement qui s’offraient à nous jusqu’à présent : le studio ou la colocation.

Les immeubles ou maison en coliving offrent à chacun un espace de vie complétement privé. Cet espace peut aller de la simple chambre à un petit studio incluant une salle de bain, des toilettes, voire un petit coin cuisine. En dehors de ces pièces totalement privatisées, le locataire dispose d’une multitude de salles communes : salon, cuisine, salle de projection vidéo, salle de sport, terrasse ou jardin…

De nombreux services y sont également proposés : ménage, blanchisserie, conciergerie. S’ajoute à cela une véritable offre événementielle et culturelle (organisation de soirées, de conférences…). C’est grâce à cette animation que de tels lieux parviennent à fédérer des communautés vivantes, centrées autour de l’échange et des rencontres. Bref, tout est fait pour simplifier la vie des locataires et les libérer de toute contrainte logistique. Certains espaces de coliving s’occupent même de remplir le frigo. Et pour correspondre encore davantage à leur public cible (la fameuse génération Y), les lieux sont souvent associés à un espace de coworking.

Le concept est déjà bien développé dans les pays anglo-saxons et se décline dans différentes gammes et dans différents styles. En voici quelques exemples :

WeLive – Etats-Unis

Dérivée de WeWork, le leader américain du coworking, la marque WeLive se développe dans plusieurs grandes villes américaines pour proposer des appartements « meublés et flexibles ». Du « prêt à habiter » où l’on s’occupe même de vous changer les draps.

WeLive - laundry  WeLive studio

The Collective – Londres

Des cuisines communes rutilantes, des salles de jeux, un jardin sur le toit, un spa, un service de conciergerie. Voilà à quoi les « co-livers » de The Collective ont accès, en plus de leur petit studio. Dans une ville où l’immobilier atteint des sommets, voilà une solution idéale pour éviter la lointaine périphérie.

The Collective - Kitchen  The Collective - Studio

Pure House, Brooklyn – New-York City

Installée au cœur de Williamsburg, LE quartier branché de Brooklyn, ce coliving se veut plutôt haut de gamme. Outre les services de base (ménage, blanchisserie…) les habitants profitent également de services plus atypique tels que des séances de méditation. Le tout contre un loyer plutôt raisonnable pour le quartier.

PureHouse - kitchen  Purehouse - rooftop

Commonspace, Syracuse – Etat de New-York

Commonspace vient tout juste d’ouvrir ses portes dans cette ancienne ville industrielle américaine. Associé à un espace de coworking, l’ambition de ce coliving est de faire revenir les jeunes adultes dans le centre ville en leur proposant un hébergement attractif aussi bien dans son concept que financièrement.

Commonspace - plan  Commonspace - studio

Le coliving, une disruption immobilière

Finalement, le coliving vient répondre à plusieurs besoins typiques de notre époque. Le premier c’est celui de se loger en centre-ville à un prix abordable. Vient ensuite le besoin de flexibilité. Et avec le coliving, on est servi. Les périodes d’engagement varient entre une semaine et un mois. Puis surtout, ce nouveau mode d’hébergement permet d’éviter l’isolement que l’on subit parfois dans les grandes villes. Une sorte de réseau social dans la vraie vie. La plupart de ces lieux disposent d’ailleurs d’un Community Manager, un salarié qui a pour mission d’y organiser des évènements et de faire en sorte que la convivialité règne en maître. Arrive enfin, comme une cerise sur le gâteau, la multitude de services proposés. Ils ne sont pas là pour faire joli mais bien pour répondre à une demande, celle d’avoir plus de temps pour soi.

Ce que l’on vend ici, ce n’est plus un produit, mais une expérience. Une nouvelle façon de considérer l’immobilier.

 

Droits photos: WeLive, The Collective, PureHouse, CommonSpace

Pimp my body

Ne sommes-nous que la moitié de nous-même ? C’est une question bien légitime quand on prend conscience de toutes les améliorations que nous sommes susceptibles de subir dans les prochaines décennies. « Subir », le terme est provocateur mais sciemment choisi. Pourtant, que nous soyons pour ou contre cette évolution, là n’est pas la question. Le fait est que le transhusmanisme est bel et bien en train d’apparaître dans nos vies. Il s’agit maintenant surtout de réfléchir à quelle humanité nous voulons.

Un quotidien connecté …

Avez-vous déjà entendu parler du « quantified-self » ? L’expression ne vous dit peut-être pas grand chose mais nous l’avons tous déjà expérimenté. C’est une nouvelle tendance qui consiste à mesurer et partager ses données personnelles. Quelques exemples ? Podomètres, thermomètres, tensiomètre, géolocalisateur… Tout cela réuni au sein de notre sacro-saint smartphone. Il existe pléthores d’applications qui nous promettent de nous aider à rester en forme que ce soit en nous encourageant à faire du sport ou en nous aidant à maigrir. A tel point que le Conseil National de l’Ordre des Médecins a alerté le gouvernement sur les fausses promesses et les faux espoirs que pouvaient susciter ces applications. Mais le fait est que désormais on gère son corps comme on gérerait un business, sur la base de chiffres, de graphes et de marges de progression…

Si un tel « flicage » de nos données personnelles est possible, c’est grâce aux objets connectés. Ils font florès. Tout et n’importe quoi peut être connecté : la fourchette, pour permettre de manger au bon rythme, le biberon, pour éviter que bébé n’avale de l’air, la couche, qui envoie un message sur le smartphone de papa et maman dès qu’elle doit être changée… Encore plus fort, encore plus loin, voici Vitastiq, le stylo connecté qui mesure nos apports alimentaires et nos éventuelles carences. A ce régime, nous n’aurons bientôt plus le droit de ne pas être parfaits.

Et pour nous aider à être encore plus que parfaits, le transhumanisme vient à la rescousse. Le mouvement prône l’amélioration des caractéristiques physiques et mentales des Hommes par la science et la technologie. C’est une manière de mettre fin à certains aspect de notre condition humaine, aspects jugés « indésirables » tels que le handicap, la douleur, la maladie, le vieillissement ou encore la mort. Utilisé pour réparer l’homme « abimé », le transhumanisme peut sauver des vies. Il s’agit des prothèses pour les personnes amputées, des pacemakers, des appareils auditifs… Ce sont des innovations qui permettent à l’homme de récupérer des capacités perdues. D’autres, en revanches, ont a cœur de l’améliorer. On parle là d’implants permettant d’augmenter la mémoire, de lentilles bioniques sur lesquelles nous lirions directement nos mails. De la science-fiction qui pourrait bien vite se retrouver dans nos salons.

Pour une vie optimisée ?

Dans ce débat sur le transhumanisme et la vie connectée, il y a les arguments pour. Parce qu’effectivement dans certains cas, l’utilité de telles avancés est indéniable, pour la médecine et la recherche au sens plus général par exemple. A l’échelle de l’individu, cela peut également nous assurer une vie meilleure, avec moins de souffrance physique. Notre quotidien sera facilité et débarrassé de toute logistique : les frigos connectés feront les courses à notre place, les smartphones organiseront et optimiseront notre journée, nos rendez-vous, nos déplacements.

Mais le pendant de tout cela peut s’avérer assez effrayant. Notre dépendance vis à vis de la technologie sera monstrueuse. Elle l’est déjà, me direz-vous. Objection accordée, vous répondrai-je. Le problème, ou plutôt le défi, est ailleurs. Nos données, de plus en plus nombreuses, viennent enrichir le big-data. Nous sommes tous étudiés, classés, répertoriés… Aujourd’hui les GAFA n’en tirent qu’un profit marketing avec des publicités ciblées. Mais demain avec une IA développée et cette colossale quantité de données à étudier, les GAFA pensent développer des algorithmes prédictifs, c’est à dire prédire l’avenir, les maladies, la mort et même la vaincre. Qui profitera le plus de ces innovations ? Le particulier qui n’aura plus à se soucier d’un frigo vide ou les Google, Apple et autre Facebook qui auront sous la mains des quantités phénoménales d’informations sur nous ? Ces nouveaux besoins ne nous aliéneront-ils pas davantage encore aux compagnies déjà plus que leaders que leurs marchés ?

Et à nous reposer autant sur la technologie, ne risquons-nous pas de perdre certaines capacités ? Serons-nous encore capables de nous orienter et de nous repérer dans l’espace après des années passées les yeux rivés sur notre GPS ? « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », disait Rabelais. Alors finissons sur une toute dernière question: a-t-on vraiment besoin de savoir combien de pas nous faisons chaque jour ?

 

Biomimétisme: le progrès par la nature

« Scrute la nature, c’est là qu’est ton futur » disait Léonard de Vinci. L’homme était visionnaire, puisque qu’aujourd’hui plus que jamais ce précepte prend tout son sens. Jusqu’à présent notre monde s’est construit sur une opposition permanente entre croissance et nature, la première se faisant forcément au détriment de la seconde. Un conflit d’intérêt qui n’a plus lieu d’être avec le biomimétisme, un domaine qui intéresse de plus en plus les chercheurs et les industriels. (suite…)

L’ère de la Blue Economy

Parce que l’économie verte n’est pas toute belle toute rose, voici venu le temps de la Blue Economy! Réservée aux quelques happy few pouvant s’offrir des produits bios et sains, la Green Economy  amplifie les inégalités et crée un monde à 2 vitesses. Et qui dit bio, ne dit pas forcément local, ni sans huile de palme, ni même produit avec une logique environnementale globale. La solution? Changer de couleur et passer à l’ Economie Bleue. Mélange d’économie circulaire et de biomimétisme, c’est un concept qui a été développé par un entrepreneur belge, Gunter Pauli. Voici comment il nous la présente.

 

Réinventer l’école, une idée folle?

Dans 20 ans, un tiers des métiers d’aujourd’hui auront disparu, victimes de la robotisation ou tout simplement devenus obsolètes. En parallèle évidemment de nouveaux métiers verront le jour, certains que nous pouvons plus ou moins imaginer, d’autres que nous sommes incapable de prévoir. Dans ces conditions, l’ école ne peut plus se targuer de former les adultes de demain à leur futur métier. A l’heure où nous pouvons tous nous former seuls et souvent gratuitement, et alors que le savoir est accessible partout, quel est le rôle de l’école et comment peut-elle évoluer ? (suite…)